SNBC-3 : un changement d’approche qui renforce l’atout nucléaire (14/09/2026)

Moins médiatisé et débattue que la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie), les décrets d’application de la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone) ont été publiés début juillet. La SNBC s’intéresse à la réduction des émissions de carbone et le fait avec une approche sectorielle[1] et transverse alors que la PPE porte sur les moyens de production d’énergie. La SNBC s’inscrit sur 15 ans, par tranche de 5 ans, horizon similaire à la PPE.
Les SNBC précédentes s’intéressaient aux émissions produites sur le territoire français. Le changement majeur de la SNBC-3 est de s’intéresser à l’empreinte carbone de la France, donc la prise en compte des émissions de carbone importées et exportées. Pourquoi ce changement ? Parce que, dans un contexte de souveraineté et surtout de réindustrialisation, les émissions sur le territoire sont appelées à augmenter mais, grâce à notre électricité déjà très décarbonée, la substitution d’une production française à une production étrangère devrait résulter en une baisse des émissions pour un produit donné.
La SNBC-3 fixe sept objectifs stratégiques[2], en particulier « garantir la souveraineté énergétique et sortir des énergies fossiles » et « réduire l’empreinte carbone de la France ». Comme la PPE, la SNBC soutient un plan d’électrification massif et le déploiement de production décarbonée – sans a priori technologique. Cependant, sur un horizon 2030 le nucléaire n’augmentera pas ou peu, contrairement aux nouveaux projets d’éolien ou de solaire. Par contre le nouveau nucléaire contribuera à l’horizon 2050. Compte tenu de l’ambition de réduction des émissions à 2030 et la neutralité carbone à 2050, un objectif de réduction de la consommation d’énergie finale (sobriété, efficacité) est indispensable tout comme les puits de carbone naturels. Ils figurent donc sans surprise dans la SNBC-3
Dans cette approche de réindustrialisation, d’électrification et de réduction de l’empreinte carbone, le nucléaire est un atout indéniable. Un atout sur le plan environnemental et climat, un atout sur le plan industriel par la disponibilité et la continuité de production, et un atout sur le plan économique si les coûts restent maîtrisés et si les structures de marché permettent de vendre l’électricité à un prix attractif. L’intérêt des data centres à venir s’installer en France en est un exemple encourageant.
Il y a, heureusement, une convergence entre la SNBC et la PPE. Elle pourrait être améliorée. Pour les prochaines réactualisations, un travail en commun plus affirmé pourrait renforcer encore la cohérence des objectifs. Les aspects économiques pourraient aussi être plus élaborées (80 Milliards € par an en face d’économies mal définies). Les objectifs de la SNBC sont-ils réalistes ? Probablement pas entièrement, mais la SNBC se doit de montrer un cap, et un objectif aligné sur les ambitions de l’Union Européenne. Gardons le cap !
La SNBC-3 est recentrée sur l’empreinte carbone, et intègre les objectifs de souveraineté et de réindustrialisation de la France. Ne nous privons pas d’y faire référence : le nucléaire est un atout clé pour atteindre ces objectifs ambitieux.
Pour en savoir plus : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/SNBC3-ResumeSNBC-Juillet2026.pdf
[1] transport, agriculture, industrie, bâtiment, énergie, déchets, puits de carbone
[2] Réduire les émissions de 50% en 2030 vs 1990, neutralité carbone en 2050, garantir la souveraineté énergétique et sortir des combustibles fossiles, réduire la consommation d’énergie finale, consolider les puits de carbone naturels, garantir une transition juste, réduire l’empreinte carbone de la France.




