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Le bon choix (02/04/2020)

Le parti pris anti-électricité de la RT 2012 régissant le chauffage de l’habitat neuf en se fondant sur des présupposés surréalistes avait été dénoncé naguère dans nos colonnes – ( voir Nucléaire & Energie n°71, page 39, « C’est l’énergie finale ... »).

Une refonte est en cours, la RE2020, et doit entrer en vigueur début 2021. Ses contours dévoilés dans un communiqué ministériel témoignent d’une approche plus décente mais nous sommes encore loin du compte en matière d’objectivité.

L’affaire n’est pas finalisée car l’industrie du gaz moins avantagée qu’en 2012 ne restera sans doute pas inactive.


C’est dans ce contexte que le périodique QueChoisir, dans un article, ("Rénovation énergétique, une passion absurde pour le chauffage électrique", publié le 15/03/2020) curieusement nous fait la promotion de cette énergie hautement carbonée. . Choqué par un manque de professionnalisme inattendu de la part d’une association censée éclairer les consommateurs, Jean-Luc Salanave n’a pas hésité a prendre la plume et à s’adresser à sa rédactrice :

Bonjour Élisabeth Chesnais,

Vous faites dans votre article de QueChoisir sur le chauffage électrique une erreur classique chez les journalistes non scientifiques, mais rassurez vous, certains employés de l'ADEME ont fait la même erreur que vous en 2012.

Prenons un exemple concret : une maison moderne assez bien isolée dont les déperditions thermiques ne sont que de 70 kWh par mètre carré en moyenne sur l'année. Pour compenser ces déperditions il faudra consommer 70 kWh/m2 d'énergie finale pour la chauffer.

Si cette maison est chauffée au gaz ces 70kWh d'énergie finale correspondent à 70kWh d'énergie primaire (coefficient primaire/finale = 1 pour le gaz). La maison était donc classée en classe B selon la RT2012 (classe B: entre 50 et 90 kWh/m2 d'énergie primaire).

Si cette même maison, avec exactement la même isolation, était chauffée à l'électricité, les 70kWh/m2 d'énergie finale liée aux déperditions thermiques nécessitaient toujours 70kWh d'énergie électrique finale, mais comme une pénalité de 2,58 s'appliquait à l'électricité (primaire/finale = 2,58) le calcul donnait 180kWh/m2 d'énergie primaire, rabaissant cette même maison de classe B en classe D (passoire thermique) alors que, n'oublions pas, l'excellente isolation de ses combles et de ses murs n'a pas changé !

A cause de cette erreur grossière (je ne dis pas voulue, comme certains accusateurs) la classification thermique d'une habitation n'avait plus rien à voir avec ses performances thermiques !

Mais il y a plus grave: la maison classée plus vertueuse par son chauffage au gaz, émet selon l'ADEME 370 grammes de CO2 par kWh et par an, alors que la signature carbone de son homologue chauffée à l'électricité, n'est que de 37 grammes de CO2 par kWh (moyenne française) ou 79 grammes (selon la « méthode ADEME d’affectation par usage »), soit 5 à 10 fois moins que la 1ère ! Ajoutons à cela les risques liés à l’utilisation du gaz pour le chauffage domestique (quelques dizaines de morts ou blessés graves par an en France).

Ce scandale de la RT2012 s'est traduit par une augmentation massive de l'utilisation du gaz dans les habitations neuves depuis 8 ans et une augmentation tout aussi massive de leur désastreux impact climatique.

La nouvelle RE 2020 devrait enfin remédier à ce double scandale (réglementaire et écologique) qui semble ne s'expliquer (l'inversion entre énergies finale et primaire), d'après les enquêtes parlementaires et celle de la Cour des Comptes, que par d'inexcusables faiblesses de notre agence de l'environnement (l'ADEME) devant des pressions habiles du lobby de l'industrie gazière dans son ultime tentative de prolonger l'utilisation du gaz, pourtant condamné par l'accord de Paris pour le climat, et mis au ban des moyens de chauffage par tous les pays qui s'engagent à lutter contre le dérèglement climatique.

 

Fessenheim : malaise autour d’une mort annoncée (11/03/2020)

Dans la nuit du 22 au 23 février à 2 heures du matin, Fessenheim 1, 42 ans, a été débranché de façon définitive, laissant orphelin un tissu local auquel il avait apporté  emplois et prospérité, et mitant un peu plus encore les poches des citoyens.
Une soixantaine de personnes dont Dominique Grenêche et Jacques Simonnet, corédacteurs de nombreuses de nos lignes, 
se sont déplacés pour lui rendre un dernier hommage et se joindre  à une population inquiète pour son avenir.


Apres des années de dénigrement et de désinformation médiatique sur l’atome,  cette victoire de l’écologie doctrinaire aurait dû être sujet à réjouissances. 
Mais assez curieusement, chez les nucléo-hostiles, on se borne à rapporter les oiseuses justifications   officielles (age, proximité de nappe, sismicité, voire épaisseur de radier…). Malaise ? En ces temps impécunieux, balancer allègrement  par-dessus bord la bagatelle de 1.8GW de puissance électrique saine et décarbonée, et débourser de surcroît plusieurs centaines de millions d’Euros, fait réfléchir…
Chez les plus modérés, c’est la fronde. 
Selon l’éditorial sur Europe 1 de Nicolas Beytout, saborder une entreprise en bonne santé qui rapporte 200MEuros par an revient à se « tirer une balle dans le pied » et constitue un mauvaise coup pour le climat, la fermeture de Fessenheim s’accompagnant côté allemand de l’ouverture  d’une nouvelle  centrale à charbon…
Cette conversion du nucléaire au fossile  frappe aussi Jean-Pierre Riou : l’arrêt prématuré d’un réacteur qui aurait pu opérer 80 ans aux USA, est un gâchis industriel et un non-sens écologique.
Mauvais coup pour le climat, non-sens écologique, erreur climatique sont des leitmotivs  partagés,  assortis d’attaques contre des Verts, taxés de climato-sceptiques objectifs  et  contre un pouvoir  dont on souligne l’incohérence des politiques industrielles et climatiques.
Mais le plus étonnant est la « Plainte AEPN « (Association des Ecologistes Pour le Nucléaire).
Analysant l’accord électoral PS-EELV ante-présidentielles  de 2012, comme un troc électoraliste dont la contrepartie différée était la fermeture de FSH aux dépens de l’Entreprise privée EDF, de ses actionnaires et du contribuable, Bruno Comby se porte partie civile  pour  abus de biens sociaux, abus de pouvoir  vis-à-vis du président d’EDF et financement « astucieux » et illégal de campagne ainsi que le résumé de Michel Gay. Et la plainte  est reçue.
La politique énergétique de l’état étant souveraine,  seul le préjudice pour les petits actionnaires  est en mesure d’aboutir mais cette action « Affaire du Siècle » a d’autres perspectives.
C’est une indignation, un appel à la justice avec pour  lésés : des petits actionnaires, des contribuables, des employés, une région, qui fait voler en éclats le mythe du lobby nucléaire  froid et raisonneur  en faveur d’une émotion ordinaire  plus proche des sensibilités du public. C’est, pour les partisans de l’atome, le symbole d’un NON, affiché à la folie des « arrêts prématurés »  qui touchera les autres réacteurs 900W condamnés par la PPE et le plafonnement de la production nucléaire.

 

Contre la Programmation de la Pénurie Energétique 2021 (17/02/2020)

Il ne vous reste que peu de jours avant que ne prenne fin le 19 février la consultation publique sur la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie ou PPE 2021.

Retenons des commentaires (voir ici) faits par Patrick Michaille et Jean-Pierre Pervès que l’épithète » nouvelle » est pour le moins rhétorique car peu de choses ont changé depuis la précédente en dépits de plus en plus nombreux signaux politiques défavorables à l’intermittence (entre autres commission Aubert et discours du chef de l’état dans la bonne ville de Pau).

A quoi bon encore témoigner?

Parce qu’un minimum de formalisme démocratique sous-tend ces enquêtes. Au-delà de synthèses douteuses, les témoignages bruts sont consignés et pourront être lus. En des temps où le quantitatif importe, ils auront d’autant plus de chance de cheminer qu’ils seront nombreux.

Pour ce faire, déposez très vite votre contribution, ne serait-ce que quelques mots sur http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-du-public-sur-le-projet-revise-de-a2127.html 

Qu’y dire ?

Les études rigoureuses sur le caractère onéreux et contre-productif dans la lutte contre le réchauffement climatique du remplacement du nucléaire par de l’intermittent dans le réseau électrique abondent et nous les avons rapportées dans nos rubriques.

Elles trouvent une illustration concrète dans la passionnante étude rapportée par Michel Gay et dans laquelle Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès ont analysé dans le détail la réalité de 7 mois (09/2010-03/2011) de production éolienne hivernale en Europe occidentale. De cette période particulièrement pédagogique, il ressort que sur des plages de mauvaise météo (cet hiver fut très froid et tourmenté), il n’y a pas de palliatif autre que les énergies pilotables (nucléaire ou fossile) aux stases de l’intermittence.

 

Moratoire sur l'éolien : l'Espagne l'a fait, des députés le proposent en France (08/02/2020)
Coïncidence de calendrier ou vraie volonté de nos dirigeants ? Le 14 janvier 2020, jour où le Président Macron déclarait à Pau ne plus croire autant en l'éolien, des députés déposaient une proposition de loi pour un moratoire éolien de 3 ans.
Voir : http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2571.asp
Leur analyse dénonce 5 paradoxes de ce vent qui a fait rêver mais qui est inutile à la lutte contre le dérèglement climatique, en plus d'être un échec d'acceptation par les territoires et un gouffre pour les finances publiques et les contribuables :
1er paradoxe : l'éolien est "une des sources d'énergie les moins productives du fait de l'intermittence, pourtant elle est l'une des plus soutenues par l'État" avec déjà plus de 9 milliards d'euros d'aides en 20 ans.
2ème paradoxe : les éoliennes "n'ont dans notre pays aucun impact sur les émissions de gaz à effet de serre [...], ayant principalement vocation à remplacer le nucléaire qui ne produit pas de CO2".
3ème paradoxe : bien que les éoliennes soient associées "à une démarche environnementale vertueuse et progressiste, l'ampleur de leur impact sur le cadre de vie, particulièrement dans les campagnes, est inédit dans l'histoire".
4ème paradoxe : "aucune autre industrie ne suscite autant de contestations judiciaires et sociales qui se manifestent par un taux très élevé de recours en justice".
5ème paradoxe : bien que la France soit le 7e pays mondial en terme de puissance éolienne installée "les retombées industrielles, commerciales et en termes d'emploi sont incomparablement plus faibles que celles" des pays voisins.
Le silence des médias pour en informer l'opinion est assourdissant.
Si, comme plusieurs d'entre nous, vous soutenez ce projet de moratoire parlez-en et partagez-le.

 

Arret du premier réacteur de Fessenheim samedi 22 février 2020 …. à moins d’un miracle ! (07/02/2020)

Nous avons suffisamment partagé avec nos lecteurs ce que nous pensions de cette fermeture arbitraire de Fessenheim pour que nous n’ayons pas besoin d’en rajouter des pages sur ce que nous considérons comme une grave erreur sociale, environnementale, économique et industrielle que nous n’avons pas su ni pu empêcher.

Cette centrale en pleine force de l’âge a été déclarée sûre et apte au service pour au moins dix ans. L’empreinte CO2 de son électricité nucléaire est 14 fois plus faible que celle de nos capteurs photovoltaïques importés de Chine. Le coût complet de l’électricité de Fessenheim est 10 fois moins cher que les 301€/MWh du photovoltaïque (moyenne française 2018). Sa fermeture va provoquer annuellement l’émission de plusieurs millions de tonnes de CO2 supplémentaire, éloignant un peu plus notre pays de ses engagements de l’Accord de Paris sur le climat. Son arrêt vient d’obliger la Ministre à annoncer le report surprise de l’arrêt de la centrale à charbon de Cordemais dont la production électrique émet  … 100 fois plus de CO2 que Fessenheim ! Quel gâchis !

Nous tenions simplement à vous informer que plusieurs organisations ont décidé de faire acte de présence et de soutien, à Fessenheim le samedi 22 février de 15h à 17h, pour montrer leur désaccord et leur solidarité avec tous ceux qui bénéficient de la centrale, ceux qui ont  été les acteurs de son fonctionnement et de son succès et ceux qui vont pâtir de son arrêt. Il s’agit aussi, face à nos gouvernants, à l’opinion et aux médias, de ne pas laisser le champ totalement libre à ceux qui ne manqueront pas de venir fêter leur victoire aux cotés d’anti-nucléaires allemands et de représentants des lobbies et de la finance verte que cette fermeture va satisfaire, voire enrichir un peu plus.

La plus organisée de ces actions de soutien nous paraît être celle des "Voix du Nucléaire" (https://www.voix-du-nucleaire.org/rasseblement-contre-la-fermeture-de-fessenheim/) qui propose des solutions de covoiturage via son groupe Facebook.

Si vous vous sentez concernés, si vous êtes prêts à vous rendre disponibles, adressez vous à eux pour rejoindre ceux qui vont s’y retrouver et qui seront heureux de partager avec vous cet hommage et cet acte de soutien. Merci d’avance.

 

Achetons climatique (23 janvier 2020)

Et moi, et moi, que puis-je faire en faveur du climat ?

Les actions individuelles ne manquent pas pour que chacun contribue à l’effort collectif : en roulant à vélo, ou à l’électrique, en isolant son logement, en baissant son chauffage, en remplaçant le gaz ou le fuel par l’électricité ou la biomasse renouvelable, en installant une pompe à chaleur, en payant sa part de taxes sur les carburants pour financer les renouvelables, etc...

Nous vous proposons ici une action plus simple, moins coûteuse mais très efficace : vous assurer que l’empreinte carbone de votre électricité soit la plus faible possible en demandant à votre fournisseur un contrat « d’électricité 100 % nucléaire ».

C’est ce que vient de faire Jean-Luc Salanave en adressant cette lettre de consultation à son fournisseur préféré ainsi qu’à quelques fournisseurs alternatifs.

Cette lettre, argumentée, est à votre disposition. Nous vous proposons de l’utiliser à votre tour, et d’inciter vos réseaux et votre entourage à adresser largement la même demande à leurs fournisseurs, afin pourquoi pas d’alléger leur facture électrique, mais avant tout pour faire une action citoyenne éco-responsable et efficace en faveur de l’écologie et du climat.


Une pétition nationale est lancée pour développer cette action.
N’hésitez pas à la signer et à la partager :
http://chng.it/XzFkL9DP

 

Bonne et heureuse Année 2020 (04 janvier 2020)

Com.UARGA vous souhaite une bonne et heureuse année 2020 pleine d’énergie !

Malgré une prise de conscience croissante de la bombe à retardement climatique, la teneur en gaz à effet de serre (GES) de l’atmosphère terrestre a poursuivi imperturbablement son ascension durant l’année 2019, le montant des investissements dans les énergies émettrices étant sans commune mesure avec ceux à effet inverse (renouvelable et nucléaire).

Cette distorsion est objectivement l’ingrédient d’un retour du nucléaire.

A y regarder de près, il se fait imperceptiblement mais continûment en dépit de l’étrange acharnement des riches et influentes ONG « écologiques ». Les signaux sont faibles mais que l’on songe à l’absence de levée de boucliers à l’annonce du projet de 6 EPR en France.

Et c’est là que réside le grand défi de notre industrie dans les prochaines années : construire dans des délais et à des coûts raisonnables une nouvelle génération de réacteurs sur le sol français. L’année 2019 fut à cet égard celle d’une prise de conscience au terme de laquelle EDF s’est engagé à redresser son outil industriel, souhaitons une pleine réussite à cette volonté.

Mais il n’y a pas de redressement sans formation de talents, condition du développement futur. C’est pourquoi il faut saluer chaleureusement l’initiative bourguignonne de Nuclear Valley* dont l’inauguration est passée totalement inaperçue dans les média. Je vous invite à visionner le remarquable discours (non lu) tenu à cette occasion par le Président de région.

Tous nos vœux pour le succès de cette entreprise! En savoir plus sur Nuclear Valley.

 

L'équipe de "COM UARGA" vous renouvelle ainsi qu'à vos proches ses meilleurs voeux pour cette nouvelle année !



Les éditos de l'année 2019 ont été passés en historique et sont consultables via le menu de gauche ou en cliquant ici.