Actualité

 

Les Académies s'expriment sur le développement des ENR et des éoliennes (22 mai 2017)

 

La France peut s'enorgueillir de disposer d'une Académie des sciences rassemblant les plus hautes autorités scientifiques françaises dans la plupart des spécialités. L'Académie produit régulièrement une variété de notes, d'études, libres points de vue et d'avis dont bien peu de gens entendent parler : c'est normal, la presse n'en parle pratiquement jamais et, ce qui est dramatique, et source de gâchis, les pouvoirs publics les ignorent le plus souvent.
L'avis de l'Académie du 2 janvier 2015 sur la transition énergétique a été ignoré par le ministère qui a rédigé la loi (LTE) comme par le parlement qui l'a votée. Vous n'avez pas non plus entendu parler de l'avis de l'Académie du 19 avril 2017 qui explique, par la voix des 20 membres du Comité de prospective en énergie qui l'ont rédigé, pourquoi la question de la transition est mal posée dans les débats actuels :
- accent mis sur l'électricité plutôt que sur l'énergie alors que l'électricité est presque totalement décarbonée mais que l'énergie en général et les transports en particulier sont très loin de l'être et contribuent largement au déficit commercial ;
- accent mis sur le nécessaire développement des énergies renouvelables intermittentes (ENRi) pour remplacer le nucléaire au détriment des émissions de CO2, de l'économie en général et de la balance des paiements ; et
- sur le fait que les données physiques, technologiques ou économiques sont mal prises en compte et que les scénarios retenus ne sont pas réalistes.
Nous vous invitons à lire les trois pages de cet avis via le site de l'Académie des sciences (ici) ou directement (ici).

Curieusement, deux semaines plus tard, c'est l'Académie nationale de Médecine qui publie le 9 mai un rapport rédigé dans le double souci d'améliorer l'acceptation du fait éolien et d'atténuer son retentissement sanitaire, direct ou indirect. Le groupe de travail précise ses recommandations sur les nuisances sanitaires des éoliennes terrestres. Le résumé de ce rapport tient en une page.  

La loi de transition énergétique restera-t-elle l'alpha et l'omega français ne varietur dans les années à venir ?
Les autorités françaises s'appuieront-elles sur les connaissances scientifiques comme c'était le cas il y a encore une trentaine d'années et comme c'est toujours le cas dans tous les grands pays ?

 

Tout bien pesé, pourquoi pas le nucléaire ? (06 mai 2017)

Il est de bon ton aujourd’hui de décrier le nucléaire et de vanter à tout propos – y compris à contretemps – les mérites des énergies renouvelables intermittentes, vent et soleil (ENRi). Dès qu’ils parlent de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique, la plupart des médias et des leaders d’opinion se focalisent sur la seule production d’électricité, oubliant que celle-ci ne contribue pas – du moins en France – à l’émission de gaz à effet de serre, et font du nucléaire un bouc émissaire facile ! Sait-on qu’en France le développement des énergies renouvelables ne participe en aucune façon à la réduction des émissions de CO2 ? Sait-on qu’il conduit à remplacer une production nucléaire propre par des productions qui augmentent les émissions de CO2 quand leur intermittence est relayée par des sources d’origine fossile ? Les ENRi sont en effet non pilotables, elles produisent de l’électricité quand il y a du vent, mais pas trop, ou quand il y a du soleil. Sait-on encore aujourd’hui que depuis 40 ans le nucléaire est compétitif, respectueux de l’environnement et pilotable c’est-à-dire qu’il produit de façon sûre et économique quand on en a besoin ? Et pourtant ces caractéristiques qui devraient aujourd’hui renforcer l’intérêt à son égard, compte tenu des préoccupations légitimes de la protection de notre environnement, ne sont plus connues. Quand elles le sont, elles sont occultées voire dénigrées.
Tout bien pesé, pourquoi pas le nucléaire ? tel est donc le thème d’une étude publiée par l’association Sauvons le Climat (SLC) qui met en perspective, avec leurs avantages et leurs inconvénients, le nucléaire et les renouvelables intermittentes (éolien et solaire). Merci à SLC de nous rappeler très objectivement des faits passés sous silence, de faire différentes comparaisons techniques ou économiques, d’aborder sans tabou quelques nouveaux éléments de langage, aujourd’hui à la mode mais parfois contestables, et d’exposer quelques enseignements tirés du cas allemand.
Cette étude est ici (lire l'article)

 

Que penser du développement des énergies renouvelables ? (12 avril 2017)

Personne n’attend que des spécialistes du nucléaire s’expriment sur la question des énergies renouvelables et tout particulièrement des ENRi, c’est-à-dire de celles qui, comme l’éolien et le photovoltaïque, sont intermittentes.
Si nous souhaitons vous présenter un point sur le développement de ces énergies et leurs perspectives ce n’est ni par masochisme, ni pour nous prosterner devant une mode fort répandue aujourd’hui et encore moins pour tenter d’expliquer une complémentarité tant vantée avec le nucléaire (le talent et la place nous manqueraient pour le faire de façon claire et convaincante) mais tout simplement parce qu’il s’agit d’une question à la fois intéressante et importante.
Les énergies renouvelables même intermittentes sont une bonne chose le lecteur comprendra cependant que, comme pour toutes les bonnes choses il ne faut pas en abuser : tout est dans la dose ! Dans l’état actuel des sciences et des techniques, et tant que le stockage de l’électricité ne sera pas efficace et économique, la contribution des ENRi au mix électrique ne devrait pas excéder 20 à 25% en France. (lire l'article)

 

L’arrêt de Fessenheim sera décidé par le PDG d’EDF le moment venu (06 avril 2017)

Le Conseil d’Administration d’EDF réuni le 7 avril vient, après beaucoup de péripéties, d’accepter d’autoriser son Président, Jean-Bernard Lévy, à décider le moment venu de l’arrêt de la Centrale de Fessenheim. Cette décision est intervenue après un premier vote contre la Demande d’Abrogation de l’Autorisation d’Exploitation (DAAE) que voulaient recevoir dès maintenant les autorités.

Les pressions du gouvernement et les menaces exercées par Ségolène Royal et Michel Sapin à l’égard d’EDF et des administrateurs indépendants n’ont donc pas fait pencher la balance dans le sens voulu par Ségolène Royal et par Michel Sapin, tandis que les administrateurs représentants de l’Etat, en situation de conflit d’intérêts, se trouvaient dans l’impossibilité de voter.

40 ans, jour pour jour, après le début de production de la Centrale (6 avril 1977), le Conseil d’Administration n’a pas fait du 6 avril 2017 le jour funeste tant redouté depuis 5 ans par tous les personnels (agents d’EDF et prestataires) qui tout au long du projet puis de l’exploitation ont œuvré avec passion et enthousiasme à faire de cette première centrale française à eau pressurisée un succès dont a bénéficié la France.

Comme eux nous nous réjouissons mais il ne s’agit que d’un sursis : s’il n’y a plus lieu de craindre du gouvernement la signature d’un décret d’Abrogation de l’Autorisation d’Exploitation de la Centrale à bref délai, EDF reste tenu au respect de la Loi de Transition Energétique qui implique que l’arrêt de Fessenheim soit nécessaire avant la mise en service de l’EPR de Flamanville…sauf modification de la loi, ce qui n’est pas chose aisée.

Un tel décret n’aurait répondu à aucune exigence de sûreté, ni permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre (au contraire) et aurait rendu plus difficile encore le passage des pointes au cours des prochains hivers : a-t-on déjà oublié qu’en janvier dernier l’apport de Fessenheim au système électrique avait été tout à fait utile ? Un décret parfaitement inutile a donc été évité.

 

L’incroyable légèreté de Radio-France (03 avril 2017)

Tout à trac, le 31 mars, France Info et France Inter ont fait état de révélations sur les fabrications de Creusot Forge où sont produits nombre des forgés qui équipent le programme nucléaire français. Selon ces annonces EDF et AREVA avaient été mis en garde par l’ASN dès 2005 des anomalies, disfonctionnements, défauts de qualité dont souffraient les productions de l’usine et, néanmoins, sont passé outre en commandant à cette usine des équipements essentiels de l’EPR, dont la cuve.
Toute la presse a bien sûr répercuté les informations de France Inter et France Info sans vérifier si la révélation en était bien une, ou si l’information n’était pas plutôt de la désinformation destinée à créer le buzz.
Certes les soucis d’EDF et d’AREVA avec Creusot Forge sont sérieux mais ni nouveaux, ni cachés : ils font l’objet s’un programme complet de rectification en cours de mise en œuvre ce que Radio France n’aurait pas manqué d’apprendre en contactant les vrais experts sur cette question. Radio France a, au contraire, préféré tendre ses micros, aux experts surtout connus pour leur opposition directe au nucléaire.
On pourra lire avec intérêt l’excellente lettre adressée par Hervé Nifenecker au médiateur de Radio-France pour critiquer l’incroyable légèreté des journalistes.
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Faut-il avoir peur de la radioactivité ? (21 mars 2017)

Nous qui avons travaillé dans l’industrie nucléaire savons bien qu’il faut prendre des précautions pour se protéger des effets nocifs de la radioactivité sur les organismes vivants. Nous savons aussi que les risques liés aux faibles doses sont extrêmement faibles, voire même inexistants au-dessous d’une dose de 100 mSv par an.

Bien peu de gens en revanche savent que des faibles doses peuvent avoir aussi des effets bénéfiques. Cet effet qui est difficile à démontrer est cependant bien réel. Un tel type de phénomène s’observe pour toutes les substances qui « guérissent » à petite dose (comme le soleil), mais sont néfastes à forte dose (comme la plupart des médicaments) car c’est la dose qui fait le poison. C’est ce qu’on vous explique dans le texte qui suit.

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Tirer la couverture (médiatique) à soi... (21 février 2017)

Lundi 8 février au soir, à une heure d’affluence, un arc électrique a produit un incendie dans le métro parisien. Chacun a tenté de rentrer chez soi au plus vite. Personne n’a demandé que l’on supprime la ligne A du RER.

Le lendemain, mardi 9 à 10h du matin dans la centrale de Flamanville, un départ de feu suivi d’une détonation s'est manifesté dans la salle des machines du réacteur N°1. Le réacteur était mis à l’arrêt. A midi tout était rentré dans l’ordre, le préfet avait refermé sa cellule de crise, seul du personnel du site était intervenu ; les équipes publiques d’intervention arrivaient en renfort suivies de badauds venant au spectacle… Le soir même la presse nationale relançait le débat sur la sûreté nucléaire en France. Un incident assez banal, comme on en rencontre sur tout site industriel, devenait une information explosive !

Pour la première fois sur ce site, c’est un ami retraité d’EDF dont le parcours professionnel a couvert tous les aspects de la sûreté nucléaire dans ses différents métiers qui tire la morale de cet événement. Nous l’en remercions.

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Lettre ouverte au Premier Ministre - Fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (14 février 2017)

Le sujet de la fermeture anticipée de la Centrale nucléaire de Fessenheim fait à nouveau l’actualité dans les colonnes de la presse écrite à la suite de l’accord sous conditions donné au gouvernement par le Conseil d’Administration d’EDF.

Il reviendra au Premier Ministre d’entériner cette disposition en signant un décret de fin d’autorisation du fonctionnement de cette centrale. Cette décision, sans aucune justification technique ou économique, constituerait un gâchis incroyable de plusieurs milliards d’€ qui serait répercuté sur les factures des consommateurs ou sur les feuilles d’impôts des contribuables.

Aussi, à quelques semaines d’une élection présidentielle dont le résultat sera susceptible d’influer fortement sur l’avenir de cette centrale, des anciens responsables dans le domaine de l’énergie ont décidé d’alerter par courrier le Premier Ministre sur les conséquences dommageables pour notre pays de cet arrêt.

Cette actualité fait l’objet d’une “Lettre ouverte au Premier Ministre” que vous voudrez bien trouver en lecture libre ci-dessous. Ses 433 signataires, dont nombre d’entre eux n’ont eu aucun lien avec le nucléaire, vous remercient par avance de l’intérêt que vous porterez à sa lecture.

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Le regard français sur le nucléaire (12 février 2017)

Longtemps le regard français sur le nucléaire était un regard favorable : longue portée des choix, réalisations prestigieuses, programmes solides et diversifiés, industrie puissance, constance des décisions et réponse favorable aux chocs pétroliers. Si bien que parfois on aurait pu parler d’exception française si l’on compare les choix nationaux aux réponses apportées par l’Allemagne ou le Japon au syndrome de Tchernobyl ou de Fukushima, jusqu’à quand ?

La question peut se poser légitimement : y a-t-il un changement dans le regard français ? Il y a à peine deux mois, nous tentions déjà de répondre à cette question. Deux mois, une éternité dans le monde d’aujourd’hui ! Il y a fort à parier que si nous cherchions à mettre à jour notre réponse, celle-ci serait encore plus radicale après le déluge de désinformations que nous avons enregistré à l’occasion de la récente vague de froid. N’a-t-on pas voulu nous faire croire que le système électrique avait tenu grâce à l’apport de l’énergie éolienne ? Qu’en sera-t-il dans quelques années si la Loi de Transition Energétique est mise en œuvre comme prévu ? Faudra-t-il s’attendre à une pénurie endémique d’électricité chaque hiver ?

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Centrale de Fessenheim : plus rien ne s’oppose à la fermeture anticipée (24 janvier 2017)

Eh bien, ça y est, les pressions du Chef de l’Etat et du gouvernement ont atteint leur but : le Conseil d’Administration d’EDF a donné un accord de principe sur le processus d’indemnisation pour la fermeture anticipée de la Centrale de Fessenheim, accord conditionné à la parution de deux décrets relatifs à Flamanville 3 et Paluel 2 et qu’il se réunira à nouveau lorsque ces décrets seront publiés pour officialiser l’acceptation. L’annulation par le gouvernement de l’autorisation de fonctionnement serait publiée après cette officialisation.

La voie est maintenant dégagée pour que le gouvernement puisse préparer l’abrogation de l’autorisation d’exploitation des deux réacteurs et enclencher le processus de fermeture. Celle-ci pourrait intervenir fin 2018.

Les derniers combats des travailleurs de Fessenheim et en particulier la Lettre ouverte qu’ils ont adressée aux Administrateurs d’EDF le 21 janvier n’auront servi à rien. Toute notre sympathie va à tous ceux que cette décision affectera, directement ou indirectement. En 5 ans ils n’ont jamais reçu les mêmes égards que ceux prodigués aux travailleurs de Florange ou de Belfort.

Les arguments de sûreté ou l’âge de la centrale avancés par certains n’étaient bien sûr qu’une mascarade, c’est bien l’idéologie qui l’a emporté contre tous les intérêts économiques et sociaux d’EDF et ceux de l’Etat lui-même. Le simple bon sens n’a pas joué non plus : les dernières semaines ont en effet démontré qu’en période de froid vif notre pays a besoin de plus, et non pas de moins, d’électricité pilotable et dé-carbonée alors que seuls, le nucléaire et l’hydraulique présentent ces deux qualités, et pas les renouvelables. Gageons que d’autres époques de grand froid en apporteront la preuve tôt ou tard.

Oubliées les belles envolées pour sauver le climat : moins de nucléaire signifiera plus de consommation de gaz et donc plus de rejets de CO2 dans l’atmosphère. Oublié le nécessaire redressement de la balance commerciale : moins de nucléaire c’est moins d’exportations et plus d’importations.

Un énorme gâchis indemnisé au-dessous du préjudice subi par EDF. Pour le pays un sacrifice inutile et absurde.

La lettre ouverte du Comité d’Etablissement de la Centrale aux administrateurs d’EDF publiée le 21 janvier en pleine page le Monde est à lire ici)



Risque de pénurie d’électricité (17 janvier 2017)

La plupart des médias qui nous abreuvent de commentaires sur le risque de pénurie d’électricité font un lien direct entre le froid bien prévisible dans cette période de l’année et les difficultés rencontrées ces derniers temps par le parc de réacteurs EDF.

Le 16 janvier sur son blog Sciences² sur le site du Monde, Sylvestre Huet décrypte la situation actuelle en la comparant à celle du 7 février où 102 098 MW ont été appelés sur le réseau, un record. Nous vous invitons à lire son texte Pénurie de jus : l’alibi du nucléaire où il indique qu’il convient de faire un retour d’expérience sérieux sur les événements que nous traversons et non superficiel car leur explication à une cause qui aurait pu être prévue.

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